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Démouler et couper le savon saponifié à froid : quand et comment

Un jour ou deux après le coulage, le pain doit sortir de son moule et être coupé en savons. Au bon moment, les deux sont faciles ; trop tôt ou trop tard, le savon s’étale, colle ou s’effrite.

Un pain de savon artisanal pâle sur une planche en bois, quatre savons coupés à une extrémité, un long couteau à lame droite et un moule en silicone vide, sur un fond bleu

En bref

  • La plupart des pains sont prêts en 24 à 48 heures : fermes sous la pression du doigt et décollés des parois. Les savons riches en olive et les moules à empreintes demandent plus longtemps.
  • Mettez des gants pour démouler et couper. Un savon frais peut encore contenir un peu de soude n’ayant pas réagi pendant son premier jour ou deux.
  • Le silicone lâche prise avec de la patience, une nuit au congélateur ou du lactate de sodium dans la fournée suivante ; un moule chemisé se démoule tout droit.
  • Coupez à température ambiante avec une lame longue, droite et non crantée, ou un fil, en appuyant tout droit d’un seul mouvement.
  • Biseautez les arêtes et rabotez la cendre de soude quand vous voulez ; estampillez quand le savon est ferme mais pas encore dur, entre quelques jours et quelques semaines après.
Sur cette page

Le démoulage et la coupe sont le premier moment où vous avez en main le savon que vous avez fait, et le bon moment fait l’essentiel du savoir-faire. Trop tôt, le pain se déchire ou s’étale sous le couteau ; trop tard, il peut être difficile à couper net. Ce guide explique comment savoir qu’un pain est prêt, comment le sortir de chaque type de moule, et comment couper, finir et estampiller les savons.

Quand est-il prêt ?

La plupart des pains saponifiés à froid peuvent sortir du moule 24 à 48 heures après le coulage ; Anne-Marie Faiola attend au moins 48 heures, et 48 de plus si le savon se déchire. Trois vérifications vous renseignent :

  • Appuyez sur le dessus d’un doigt ganté. Il doit paraître ferme, comme un fromage à pâte dure, et ne garder qu’une légère empreinte. Une surface collante ou une pâte humide en dessous signifie qu’il lui faut plus de temps. C’est le test de l’empreinte de Kelly Cable.
  • Regardez les côtés. Un pain prêt s’est en général un peu décollé du moule, comme le fait remarquer Heidi Corley Barto.
  • Dans le doute, coupez une fine tranche à une extrémité. Si elle s’étale ou accroche le couteau, laissez le pain un jour de plus.

Certains savons demandent plus de temps. Les recettes riches en huile liquide, le savon de Castille avant tout, peuvent demander deux jours ou plus : Corley Barto attend au moins 48 heures pour un savon d’huile d’olive pure, et notre savon bastille riche en olive reste deux ou trois jours dans le moule. Un savon gardé au frais pour éviter le gel, ou fait dans une pièce froide ou humide, prend plus lentement, et Susan Miller Cavitch constate que les savons chargés en huile d’agrumes mettent aussi plus de temps à durcir. Le silicone fait ventouse autour du savon, et Anne-Marie Faiola note qu’un moule en silicone peut mettre jusqu’à une semaine à lâcher prise ; les moules à empreintes individuelles sont ceux qui retiennent le plus. Un savon qui a gélifié, un savon fait avec moins d’eau et un savon contenant du lactate de sodium sont en général plus rapides.

Les savons au sel font exception à tout cela : ils produisent assez de chaleur pour se passer d’isolation, et doivent être coupés en quelques heures, encore chauds, avant de devenir trop durs. Notre savon spa au sel rose sort de ses empreintes au bout de 4 à 8 heures, et en pain, il doit être coupé 2 à 4 heures après le coulage (voir les savons au sel).

Gants aux mains

Remettez vos gants avant de toucher le pain. Au bout d’un jour ou deux, la réaction est en grande partie terminée (une étude sur des savons saponifiés à froid situe la saponification à 18 à 24 heures), mais la soude n’a pas encore tout à fait rencontré toute son huile, et un pain resté au frais est plus en retard. Les livres divergent sur ce point. Letcavage et Harden estiment qu’aucune protection n’est plus nécessaire au moment du démoulage, mais le livre précédent de Letcavage, écrit avec Patsy Buck, conseille des gants pour la coupe ; Anne Watson remet ses gants et David Fisher les garde jusqu’à ce que le savon ait fini de saponifier. Les gants ne coûtent rien : portez-les jusqu’à ce que les savons soient coupés et sur la grille.

Le sortir du moule

Moules à cake en silicone

Écartez doucement les parois du savon sur tout le pourtour pour rompre l’adhérence, retournez le moule et appuyez sur le fond avec la paume : c’est la méthode de Faiola. Ne tirez pas sur le savon lui-même. S’il se déchire ou refuse de venir, attendez encore quelques jours, ou congelez-le.

Moules en bois chemisés et boîtes

Sortez le pain en le soulevant par sa chemise et décollez le papier. Si le moule se démonte, démontez-le plutôt que de pousser le savon dehors : Corley Barto retire d’abord les grands côtés, puis les extrémités, en les faisant pivoter pour les écarter du savon au lieu de tirer.

Moules à empreintes

Laissez-leur quelques jours de plus, ou congelez-les. Retournez ensuite le moule tout près du plan de travail, pour que rien ne tombe de haut, et poussez chaque savon hors de son empreinte par l’arrière.

La congélation

Un savon congelé ne plie pas, et il lâche donc le moule. Faiola congèle un pain récalcitrant pendant au moins 12 heures, le démoule congelé, puis le laisse dégeler plusieurs heures avant de le couper, parce qu’un savon froid est cassant et se brise au lieu de se couper. En se réchauffant, il se couvre de condensation : laissez-le sécher complètement à température ambiante avant d’empiler ou de ranger les savons. Notre savon à la luffa sort de son moule en tube de la même façon. Pour un petit moule décoratif, Letcavage et Harden trouvent que 10 à 15 minutes au congélateur suffisent souvent.

Le lactate de sodium, pour la prochaine fois

Si une recette est toujours lente à se démouler, le lactate de sodium aide. C’est un sel qui donne un savon plus dur, qui quitte le moule plus tôt, et Corbion, qui le fabrique, cite parmi ses usages dans le savon des savons plus durs, un démoulage plus facile et une estampille plus facile. Faiola ajoute 1 cuillère à café de la solution habituelle à 60 % par livre d’huiles, soit environ 6,6 g pour 454 g, à la solution de soude refroidie. Notre base d’additifs indique 1 à 3 % du poids des huiles ; au-delà de 3 %, il peut rendre les savons plus mous et caoutchouteux. Le guide des additifs en dit plus.

Couper les savons

Coupez quand le savon est à température ambiante : trop froid, il casse ; trop chaud, il s’étale. Prenez une lame longue et droite, sans crans, qui laisseraient des traînées, ou un coupe-savon à fil ; un couteau à lame ondulée donne une face ondulée, si c’est ce que vous voulez. Appuyez tout droit d’un mouvement régulier plutôt que de scier, et gardez la lame verticale. Couchez d’abord sur le côté un pain en couches, ou un pain avec un décor sur le dessus, comme le fait Faiola, pour que les coupes suivent les couches et que le couteau ne puisse pas entraîner une couleur dans la suivante.

Des mains gantées enfoncent un long couteau dans un pain de savon maintenu dans un guide de coupe en bois Un guide simple muni d’une butée donne la même épaisseur à chaque savon. L’extrémité irrégulière a déjà été parée.

Pour des savons réguliers, mesurez avant la première coupe. Marquez chaque ligne de coupe sur le dessus du pain avec une règle et une légère entaille du couteau, ou utilisez une boîte à onglets ou un guide en bois muni d’une butée réglée sur l’épaisseur voulue. Parez d’abord les extrémités irrégulières et gardez les chutes.

Une plaque se coupe comme un plat de brownies, ce que Cavitch préfère parce que cela demande moins de coupes que de trancher un bloc haut. Elle marque les bords du plateau tous les 7,6 cm (3 in) dans un sens et tous les 6 cm (2⅜ in) dans l’autre, trace légèrement chaque ligne le long d’une règle, les vérifie toutes, et seulement alors coupe jusqu’au fond : 40 savons pour un plateau.

Choisissez l’épaisseur d’après le poids voulu. Le savon frais pèse environ un gramme par millilitre : le poids d’une tranche en grammes est donc proche de son volume en millilitres. Un pain de 7 cm de large et 6 cm de haut donne environ 105 g par tranche de 2,5 cm (1 in). Les savons perdent une partie de ce poids pendant la cure (voir la cure et le stockage du savon).

Si le couteau accroche ou si le savon colle à la lame, le pain est encore trop mou : laissez-le un jour ou deux. S’il s’effrite ou se fend, il est peut-être froid, ou il a trop attendu ; Letcavage et Harden démoulent et coupent dans la semaine, parce qu’un pain ne fait ensuite que devenir plus difficile à trancher, et un savon riche en suif comme notre savon crémeux suif et olive se coupe au mieux le jour même de son démoulage. Un savon crayeux et friable à température ambiante contient peut-être trop de soude, et doit être testé avant que quiconque ne l’utilise (voir le pH du savon et les tests).

Finir les savons

Biseauter. Un économe passé le long de chaque arête enlève les angles vifs ; un biseauteur fait le même travail plus régulièrement. Gardez les copeaux pour une refonte.

Raboter la cendre de soude. Un voile blanc et poudreux sur le dessus, c’est de la cendre de soude, du carbonate de sodium sans danger. Retirez-la à l’économe ou au rabot à savon, ou faites-la partir à la vapeur. Attendez quelques jours après la coupe : la cendre éventuelle aura eu le temps d’apparaître.

Estampiller. Un tampon demande un savon assez mou pour prendre l’empreinte et assez ferme pour la garder. Trop frais, les bords s’écrasent ; trop dur, le savon se fend autour du tampon. Les savonneries séchaient leurs savons jusqu’à ce que la surface forme une peau, ce qui, écrivaient Simmons et Appleton en 1908, « allows of an impression being given by the stamp without the soap adhering to the dies ». Les livres divergent sur le moment : Cable estampille 4 à 7 jours après le démoulage, alors que Letcavage et Harden trouvent que 2 à 4 semaines de cure conviennent le mieux à la plupart des recettes. Cela dépend de la recette : essayez donc d’abord sur une chute. Frappez un tampon à dos de bois avec un maillet en caoutchouc, d’abord au centre puis à chaque coin ; pressez fermement à la main un tampon en acrylique, sans jamais le frapper ; et faites légèrement rouler un tampon en caoutchouc en appuyant. Une double empreinte est presque impossible à rattraper, raison de plus pour s’exercer sur les extrémités.

Recettes à essayer

Toutes les recettes

Sources

Les notes sur ces sources sont sur la page anglaise, dans les termes vérifiés sur chaque document.

  1. Soap Crafting . Anne-Marie Faiola, Storey Publishing , 2013.
  2. Natural Soap Making . Elizabeth Letcavage and Melissa Harden, Stackpole Books , 2013.
  3. The Natural Soap Making Book for Beginners . Kelly Cable, Althea Press , 2017.
  4. The Natural Soap Chef . Heidi Corley Barto, Ulysses Press , 2012.
  5. Smart Soapmaking . Anne L. Watson, Shepard Publications , 2013.
  6. The Complete Photo Guide to Soap Making . David Fisher, Creative Publishing International , 2018.
  7. The Natural Soap Book . Susan Miller Cavitch, Storey Publishing , 1995.
  8. Pure Soapmaking . Anne-Marie Faiola, Storey Publishing , 2016.
  9. Basic Soap Making . Elizabeth Letcavage and Patsy Buck, Stackpole Books , 2009.
  10. The Everything Soapmaking Book, 3rd edition . Alicia Grosso, Adams Media , 2013.
  11. The Handbook of Soap Manufacture . W. H. Simmons and H. A. Appleton, Scott, Greenwood & Son (Project Gutenberg edition) , 1908.
  12. The Effects of Cold Saponification on the Unsaponified Fatty Acid Composition and Sensory Perception of Commercial Natural Herbal Soaps . Prieto Vidal N. et al., Molecules 23(9), 2356 , 2018.
  13. PURASAL S/HQ60 sodium lactate for bar soap . Corbion .
  14. Sodium lactate . Classic Bells, Soapy Stuff .