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Additifs pour savon : sel, sucre, lactate de sodium, argiles, avoine, soie et autres

La plupart des additifs changent un savon moins que leur étiquette ne le laisse croire, et l’un d’eux change la recette elle-même. Voici la dose de chacun avec sa source, ce qu’il fait dans la casserole, et le calcul que le calculateur fait pour vous.

Petites coupelles en verre de sel, de sucre, d’argile rose et d’argile verte, d’avoine moulue, de graines de pavot et de fibres de soie dorées à côté de savons coupés, sur un fond bleu canard profond

En bref

  • Le lactate de sodium et le sel durcissent le savon, et le sucre accélère sa mousse. Argiles, avoine, soie et exfoliants changent son aspect et son toucher ; peu d’allégations pour la peau survivent au rinçage.
  • Les doses se donnent par livre d’huiles, par livre de savon ou en pourcentage. Le calculateur convertit les cuillères en grammes à partir de cuillerées pesées : une cuillère à café de sel de table pèse 6,0 g, une de sel casher en flocons 2,8 g.
  • L’acide citrique consomme 0,62 g d’hydroxyde de sodium par gramme. Le calculateur ajoute cette soude ; sans elle, un surgraissage de 5 % dérive vers 9 % environ.
  • Le sucre et le miel font chauffer la fournée. Gardez le miel hors de la solution de soude, saponifiez les fournées sucrées à basse température et n’isolez pas le moule.
Sur cette page

Un savon fait d’huiles, de soude et d’eau n’a besoin de rien d’autre. Tout ce qui figure sur cette page est facultatif, et l’essentiel est là pour l’aspect, la texture ou l’histoire racontée sur l’étiquette. Quelques additifs changent bel et bien la façon dont un savon prend, mousse ou se conserve, et l’un d’eux change la quantité de soude dont la recette a besoin. Les doses données ici sont celles de la base d’additifs du calculateur, chacune avec la source dont elle vient : ce que vous lisez et ce que remplit le calculateur sont donc les mêmes chiffres.

En un coup d’œil

Additif Effet Dose habituelle Grammes pour 1000 g d’huiles Quand l’ajouter
Lactate de sodium (solution à 60 %) Savon plus dur, démoulage plus net 1 c. à café par livre d’huiles (Faiola) ; 1–3 % des huiles (Classic Bells) 14,5 g Dans la solution de soude, une fois refroidie
Sel fin Savon plus dur, moins de mousse ½–1 c. à café par livre d’huiles (Faiola ; Soap Queen) 6,6 g Dissous dans l’eau, avant la soude
Sucre Mousse plus rapide, plus de bulles 1 c. à café par livre d’huiles ; testé jusqu’à 4 % des huiles (Wholesale Supplies Plus) 9,3 g Dissous dans l’eau, avant la soude
Miel De la mousse, une couleur plus chaude De 1 c. à café par livre de savon (Soap Queen) à 1 c. à soupe par livre d’huiles (Grosso) 22–46 g À la trace légère, tiédi pour couler
Acide citrique Chélatant : devient du citrate de sodium 1–2 % des huiles, plage de 0,1–3 % (Classic Bells) 10 g, et 6,2 g de soude en plus Dissous dans l’eau, soude ajoutée lentement
EDTA tétrasodique Chélatant ; ralentit les taches de rancissement 0,1–0,2 % du savon (Dow) 1,4 g Dissous dans l’eau, avant la soude
Citrate de sodium Chélatant ; fixe les traces de métaux dans le savon 1,3–3,9 % des huiles (Classic Bells) 13 g Dans deux fois son poids d’eau, puis dans les huiles
Argile kaolin Couleur, glisse 1 c. à café par livre d’huiles (Lovin Soap) 6,0 g Dans trois fois son volume d’eau, à la trace légère
Flocons d’avoine moulus Exfoliant doux 1 c. à soupe par livre d’huiles (Lovin Soap) 12,7 g À la trace légère
Avoine colloïdale Toucher, et une histoire pour l’étiquette Jusqu’à 5 % de la fournée (Bramble Berry) jusqu’à 75 g Mélangée à un peu d’huile, à la trace légère
Soie tussah La tradition Une pincée de la taille d’un petit pois par livre d’huiles (Lovin Soap) une pincée Dans la soude chaude

Doses tirées de notre base d’additifs, avec leurs sources. Les grammes valent pour 1000 g d’huiles avec une solution de soude à 33 %, soit une fournée d’environ 1420 g ; un chiffre unique est la dose que remplit le calculateur, et une dose par livre de savon augmente avec la fournée. Les exfoliants ont leur propre tableau plus bas, et le guide de la trace montre à quoi ressemble la trace légère.

Trois familles d’additifs ont leur propre guide, parce qu’elles remplacent une partie de l’eau de la recette : les laits, les boissons comme la bière, le café et les jus, et les purées de fruits et de légumes. Les couleurs sont traitées dans colorants naturels, les herbes et les fleurs dans les plantes dans le savon, et l’extrait de romarin et la vitamine E dans antioxydants et chélatants.

Comment s’écrivent les doses d’additifs

La plupart des livres de savonnerie sont américains : les doses s’y donnent donc en cuillères par livre. Trois choses décident de ce que vaut une telle dose en grammes.

Par livre de quoi. « Par livre d’huiles » signifie pour 454 g des corps gras de la recette. « Par livre de savon » signifie pour 454 g de la fournée entière : huiles, soude, eau et tout le reste, ce qui, pour un savon fait avec une solution de soude à 33 %, pèse environ 1,42 fois les huiles. Le même chiffre donne donc environ 40 % d’additif en plus quand il s’entend par livre de savon. Le calculateur garde la base propre à chaque source et la convertit pour votre fournée.

Quelle cuillère. La cuillère à café américaine fait 4,93 mL, et la cuillère à soupe en vaut trois (NIST). Une cuillère à café métrique fait 5 mL, pratiquement la même chose. La cuillère à soupe australienne fait 20 mL, un tiers de plus, et cette différence-là compte.

Ce que pèse une cuillerée. Une cuillère mesure un volume, et les poudres se tassent différemment : une cuillère à café d’une matière peut peser deux fois une cuillère à café d’une autre. Le calculateur utilise des cuillerées que quelqu’un a pesées et, quand une source ne publie qu’une masse volumique apparente, il affiche la fourchette que cette masse volumique permet :

Matière Une cuillère à café américaine rase D’où vient le chiffre
Sel de table fin 6,0 g USDA FoodData Central
Sel casher en flocons 2,8 g USDA FoodData Central, étiquette d’une marque
Gros sel de mer 5,4 g USDA FoodData Central, étiquettes de marques
Sucre cristallisé 4,2 g USDA FoodData Central
Acide citrique 4,0 g USDA FoodData Central, étiquette d’une marque
Lactate de sodium à 60 % 6,6 g Sa masse volumique, 1,32–1,34 g/mL (Corbion)
Miel 7,0 g (21 g la cuillère à soupe) USDA FoodData Central
Argile kaolin 2,3–3,2 g Masse volumique apparente de 0,47–0,64 g/mL (Carl Roth ; Minerals, 2020)

Une demi-cuillère à café de sel de table pèse 3,0 g ; une demi-cuillère à café de sel casher en flocons, 1,4 g. Quand une recette donne le sel en cuillères, pesez-le.

Dans le calculateur, vous pouvez saisir un additif en grammes, en pourcentage des huiles ou dans n’importe quelle cuillère dont il connaît le poids, et passer de l’un à l’autre. Ce sont les grammes qui entrent dans le total de la fournée et dans les vérifications.

Lactate de sodium et sel : un savon plus dur

Lactate de sodium

Le lactate de sodium est le sel de sodium de l’acide lactique, vendu d’ordinaire en solution à 60 %. Son fabricant indique que, dans le savon en pain, il durcit les savons, facilite leur marquage au tampon et leur démoulage, et réduit la perte d’eau et les fissures (Corbion). Il est déjà entièrement neutralisé et ne consomme donc pas de soude (Jungbunzlauer).

Faiola en met 1 cuillère à café par livre d’huiles dans la solution de soude, et constate qu’il raccourcit nettement l’attente avant qu’un pain puisse sortir du moule, ce qui compte surtout avec le silicone et les moules détaillés (Pure Soapmaking) ; Soap Queen l’incorpore une fois la solution de soude refroidie, comme le fait le savon au luffa. À 6,6 g la cuillère à café, cela fait environ 1,4 % des huiles, le bas de la fourchette de 1–3 % que donne Classic Bells. Au-delà, les sources ne s’accordent pas sur la façon dont le savon en pâtit : Faiola a constaté qu’un excès le rend cassant et friable, Classic Bells qu’au-delà de 3 % il devient plus mou et caoutchouteux. Aucune source en saponification à froid ne dépasse 3 %. Soap Queen en met 3 % des huiles en saponification à chaud, où il aide le savon cuit à rester assez fluide pour remplir le moule (voir saponification à chaud). La solution contient 40 % d’eau, et le calculateur compte cette eau dans celle de la recette.

Sel

Un peu de sel dissous dans l’eau durcit le savon et permet de le démouler plus tôt : une demi-cuillère à café par livre d’huiles dans Pure Soapmaking de Faiola, une cuillère à café dans les recettes de Soap Queen. Le prix à payer est la mousse, que le sel réduit nettement (Faiola) : ce n’est donc pas un ajout à faire dans toutes les recettes. Le savon aux huiles de supermarché dissout 7 g de sel et 10 g de sucre dans son eau.

La solution de soude retient d’ailleurs moins de sel qu’on ne le croirait. L’hydroxyde de sodium apporte son propre sodium, qui repousse le sel hors de la solution : 100 g d’eau pure à 20 °C dissolvent environ 36 g de sel, mais dans une solution de soude à 33 %, la même eau n’en retient qu’environ 5 g (mesures de Winteler, dans les tables de Seidell). Pour 1000 g d’huiles, cela fait environ 14,7 g : une cuillère à café par livre (13,2 g) passe tout juste, et tout ce qui dépasse ressort sous forme de grains. Le calculateur fait cette vérification et vous prévient. Les savons au sel, qui reçoivent à la trace leur propre poids de sel, sont un autre savon : voir savons au sel et le savon spa au sel rose.

Sucre et miel : plus de mousse, plus de chaleur

Un article de chimie du savon publié sur le site de Wholesale Supplies Plus décrit ce que le sucre a fait dans le laboratoire de son auteur. Il accélère la trace, la saponification et la montée en température, si bien que la fournée gélifie plus tôt ; et il aide le savon fini à se dissoudre plus vite dans le lavabo, si bien que la mousse monte plus vite et paraît différente. Beaucoup de savonniers en mettent une cuillère à café par livre d’huiles ; ce laboratoire est monté jusqu’à 4 % des huiles. Faiola en a utilisé une cuillère à soupe par livre d’huiles (Soap Crafting) puis, plus tard, une demi-cuillère à café par livre de savon (Pure Soapmaking), soit environ le quart.

La plupart des savonniers dissolvent le sucre dans l’eau de la recette avant d’y verser la soude, et c’est là que le calculateur le place (Fisher ; Faiola dans Pure Soapmaking). Pour le tenir à l’écart de la chaleur de la soude fraîche, dissolvez-le dans de l’eau prélevée sur la recette et ajoutez-la une fois la solution de soude refroidie, comme le fait le laboratoire cité plus haut, ou incorporez-le à la trace fine, comme Faiola dans Soap Crafting. Trop de sucre donne un savon collant qui suinte à l’air humide (Cavitch, The Soapmaker’s Companion).

Le miel est surtout du sucre : 82 % de sucres et 17 % d’eau (USDA). Les doses vont d’une cuillère à café par livre de savon (Soap Queen) à une cuillère à soupe par livre d’huiles (Grosso), et environ 5 % des huiles, c’est le maximum auquel va une savonnière expérimentée (Anne L. Watson). Cavitch le plafonnait à 4 cuillères à soupe dans une fournée de 12 livres, soit la même cuillère à café par livre de savon (The Natural Soap Book). Tiédissez-le jusqu’à ce qu’il coule, ou détendez-le dans un peu de l’eau de la recette comme le fait le savon au miel et à la cire d’abeille, et incorporez-le à la trace légère. Ne le mettez jamais dans la solution de soude, où son sucre ajoute à la chaleur et peut faire déborder le pichet en bouillonnant (Lovely Greens). Même à la trace, trop de miel peut faire surchauffer un pain, ce que Grosso appelle le « honey volcano », le volcan de miel. Faiola saponifie ses fournées au miel avec les huiles et la soude toutes deux sous 38 °C (100 °F) et met aussitôt le moule au réfrigérateur ou au congélateur ; laissé au chaud, le pain peut se fendre, suinter ou se creuser d’un tunnel en son milieu (Pure Soapmaking). Le miel fonce plus ou moins le savon selon la quantité utilisée et la chaleur de la fournée au moment où il y entre (McDaniel).

Ce que le miel n’emporte pas dans le savon, c’est sa réputation. Sur une plaie, le miel combat les bactéries par son acidité, son sucre concentré et le peroxyde d’hydrogène que produit une enzyme, la glucose oxydase (Mandal et Mandal). Dans le savon, la soude neutralise l’acide et s’attaque de front à l’enzyme, tandis que le sucre se retrouve dilué à quelques pour cent du savon. Ce qui atteint votre peau, c’est du savon avec un peu de sucre : plus de mousse et une couleur plus chaude.

Le sorbitol, un polyol vendu en sirop à 70 %, se comporte à peu près comme le sucre à 1–4 % des huiles. Il fait lui aussi chauffer la fournée, mais roussit moins (Rustic Wise).

L’acide citrique et les chélatants

L’eau du robinet apporte du calcium et du magnésium, qui transforment le savon en ce dépôt gris propre à l’eau dure ; les anciens manuels voulaient une eau de savonnerie « free from calcium and magnesium salts » (Simmons et Appleton). Des traces de fer et de cuivre, elles, accélèrent le rancissement qui cause les taches orange. Un chélatant met ces métaux hors jeu. Les données de Dow sur l’EDTA dans le savon en pain disent ce que cela évite : « softening, brown-spotting, rancidity, cracking and discoloration due to metal ions ».

Contre l’eau dure, un chélatant dans le savon ne peut pas grand-chose. Il ne se dissout pas plus vite que le savon qui l’entoure, et la fraction de gramme que libère chaque lavage ne peut pas adoucir l’eau de rinçage : le dépôt se forme quand même ; le savon en eau dure donne le calcul. Son rôle est dans le savon lui-même : fixer les traces de métaux qui accélèrent le rancissement.

Acide citrique

L’acide citrique est un acide, et c’est ce qui le distingue des chélatants tout prêts. Dans la casserole, il est neutralisé en citrate de sodium, ce qui consomme de l’hydroxyde de sodium : 10 g pour 16,01 g d’acide (Dunn, Scientific Soapmaking), soit 0,62 g par gramme. Les savonniers en mettent 0,1–3 % des huiles, le plus souvent 1–2 % (Classic Bells).

Le calculateur ajoute cette soude pour vous. Mettez 1 % d’acide citrique dans 1000 g du savon sans palme présenté à la fin de ce guide, et l’hydroxyde de sodium passe de 138,5 g à 144,7 g. Omettez l’acide citrique dans le calculateur, et ces 6,2 g de soude sont pris aux huiles : une recette réglée à 5 % de surgraissage finit vers 9 %, plus molle et plus sujette aux taches de rancissement.

Dissolvez-le d’abord dans l’eau à température ambiante, puis ajoutez la soude lentement. L’acide et l’alcali chauffent vite là où ils se rencontrent, et un ajout trop rapide peut faire déborder le pichet (Classic Bells). Au-delà d’environ 2 %, il peut laisser une couche de minuscules cristaux blancs sur les savons. Le jus de citron et le jus de citron vert contiennent environ 5 % d’acide citrique (Penniston et al.), ce qui compte si vous les utilisez comme liquide : voir les liquides dans le savon.

Regardez la soude changer. 1 % d’acide citrique sur 1000 g d’huiles fait passer l’hydroxyde de sodium de 138,5 g à 144,7 g.

L’ouvrir dans le calculateur

Citrate de sodium, EDTA et les autres

Les chélatants tout prêts ne demandent pas de soude en plus, à une exception près. Le citrate de sodium s’emploie à 1,3–3,9 % des huiles, dissous dans environ deux fois son poids d’eau prise sur la recette et mixé dans les huiles (Classic Bells). L’EDTA tétrasodique se dissout dans l’eau à 0,1–0,2 % du savon (Dow). L’exception est l’EDTA disodique, la forme vendue pour les cosmétiques neutres : dans la soude, il se transforme en forme tétrasodique et consomme pour cela un peu d’hydroxyde de sodium, que le calculateur compte. Le gluconate de sodium, qui selon l’un de ses fabricants fait mieux que l’EDTA en solution fortement alcaline (Jungbunzlauer), s’emploie à 0,5–1 % de la fournée. Ne le gardez pas en solution prête à l’emploi : dans l’eau, bactéries et champignons le dégradent en quelques jours, si bien que Classic Bells ne dissout que ce dont le savon du jour a besoin.

Sur le rancissement, les preuves sont minces mais réelles. Dans l’essai d’additifs de Dunn à 0,1 % des huiles, l’EDTA et l’extrait de romarin ont chacun empêché un savon à l’huile d’olive maintenu à 60 °C de commencer à virer à l’orange pendant plus de 300 heures, la durée de l’essai. Le citrate de sodium seul n’a pas fait mieux que le savon nature, mais associé au BHT il a donné le meilleur résultat de tous (Dunn, 2005). Le guide des antioxydants et chélatants donne le détail.

Les argiles

Les argiles changent la couleur et le toucher d’un savon. Le kaolin donne un toucher soyeux et glissant ; la bentonite gonfle dans l’eau en une masse épaisse (Pharmacopée européenne) et donne au savon à barbe sa glisse (Corley Barto) ; l’argile verte, l’argile rose et l’argile rouge apportent leurs couleurs. Le kaolin s’emploie à une cuillère à café par livre d’huiles (Lovin Soap). Les autres argiles vont d’une demi-cuillère à café à une cuillère à soupe par livre selon les sources, et le calculateur donne la dose de chacune.

L’argile boit l’eau. C’est pourquoi elle accélère la trace (Soap Queen), et pourquoi un grumeau sec resté dans la pâte peut faire fendre ou s’effriter le savon (Lovin Soap). Délayez-la dans environ trois fois son volume d’eau, une cuillère à café d’argile pour une cuillère à soupe d’eau, prise sur l’eau de la recette (Bramble Berry), puis ajoutez ce mélange lisse à la trace légère ; le savon à l’argile verte et le savon visage au kaolin et à la soie montrent la méthode. Faiola prépare son argile délayée quatre heures à l’avance et prévient que l’argile masque aussi le parfum des huiles essentielles (Pure Soapmaking). Les argiles rose et rouge donnent une couleur plus profonde si on les incorpore plutôt à la solution de soude chaude (The Nerdy Farm Wife) ; Faiola met l’argile dans l’eau avant la soude et commence avec moitié moins.

Achetez de l’argile de qualité cosmétique, pas de l’argile pour loisirs créatifs ou pour la poterie (Faiola). Une étude de 2025 portant sur 111 échantillons d’argile cosmétique a trouvé la médiane de mercure la plus élevée dans le rhassoul, à 39 microgrammes par kilo : une quantité infime, mais une raison de plus d’acheter chez un fournisseur capable de montrer une analyse (Fischer et al.). Le savon au rhassoul en utilise 2 cuillères à soupe pour 1000 g d’huiles.

C’est sur les allégations que l’argile est survendue. Un masque à l’argile reste des minutes sur le visage ; un savon se rince en quelques secondes, et c’est le savon qui nettoie. Ce que l’argile apporte à un savon, c’est de la couleur, de la glisse et une légère accroche sur la peau. « Détoxifiant » est un mot pour l’étiquette, pas quelque chose que fait le savon.

Avoine et avoine colloïdale

Les flocons d’avoine, moulus, font un exfoliant doux : une cuillère à soupe par livre d’huiles (Lovin Soap), ajoutée à la trace légère. Moulez-les finement pour un savon visage, car les gros morceaux grattent, et attendez-vous à ce que la pâte épaississe dès qu’ils y entrent (Letcavage et Harden).

L’avoine colloïdale est de l’avoine moulue en poudre fine. Bramble Berry en utilise jusqu’à 5 % de la fournée, mélangée d’abord à un peu d’huile pour éviter les grumeaux ; Faiola suggère plutôt de la délayer dans l’eau, parce qu’elle peut accélérer la trace, et note qu’elle paraît légèrement grise dans le savon ; le savon au lait de chèvre, à l’avoine et au miel en utilise 2 cuillères à soupe. Aux États-Unis, c’est aussi un ingrédient de médicament protecteur cutané en vente libre : c’est de là que vient sa réputation apaisante, et c’est là que se trouvent ses limites. La FDA l’a acceptée dans des produits barrière comme les crèmes et les préparations pour le bain, « except for ‘cleanser type’ topical dosage forms, for which the agency has no data to support use as a skin protectant » (FDA, 2003). Un savon à l’avoine est un savon agréable ; un savon vendu comme protégeant ou apaisant la peau est, aux États-Unis, un médicament. L’avoine peut aussi sensibiliser : le Cosmetic Ingredient Review recense plusieurs cas de dermatite atopique.

La soie

La soie tussah, une fibre de soie brute dorée, s’ajoute à raison d’une pincée de la taille d’un petit pois par livre d’huiles (Lovin Soap), incorporée à la soude juste après la dissolution de l’hydroxyde de sodium, tant que la solution est encore à 77–88 °C (170–190 °F) (Soap Queen). Faiola étire la pincée en filaments, les fait flotter sur l’eau et verse la soude par-dessus, puis verse la solution dans les huiles à travers un tamis pour retenir ce qui ne s’est pas dissous (Pure Soapmaking). L’essentiel disparaît, et quelques minuscules fragments non dissous sont normaux.

Les savonniers disent que la soie donne une mousse plus soyeuse. Personne ne l’a mesuré. Dunn a mis des produits à base de soie dans de la soude et constaté que les peptides et les acides aminés de soie restaient dissous, alors que la poudre de soie ne montrait aucun changement visible au bout de plusieurs mois (Dunn, 2014) ; Faiola écrit dans Soap Crafting qu’elle ne remarque personnellement aucune différence. À une pincée par livre, elle coûte peu : voyez-la comme une tradition qui vous plaît plutôt que comme un soin. C’est un produit animal, ce qui compte si vous vendez du savon végane.

Les exfoliants

Exfoliant Dose Grammes pour 1000 g d’huiles À savoir
Graines de pavot 1 c. à café par livre de savon (Bramble Berry) ; 0,25–0,5 % (Wholesale Supplies Plus) 8,8 g Exfoliation légère, points sombres
Marc de café 1 c. à café par livre de savon (Soap Queen) 6,6 g Séchez-le bien : un marc humide développe des microbes. Le café moulu non infusé fait baver du brun
Pierre ponce 1–10 % (Wholesale Supplies Plus) ; 5 c. à soupe pour 32 oz d’huiles dans le savon du mécanicien de Soap Queen à partir de 14 g Pour les mains, pas le visage ; mélangez-la d’abord à un peu d’huile
Luffa moulue 0,25–0,5 % (Wholesale Supplies Plus) à partir de 3,6 g Coule au fond d’une pâte fluide
Perles de jojoba 0,5–3 % du savon (Floratech) à partir de 7,1 g Une cire qui fond à 66–71 °C : évitez la phase de gel

Les flocons d’avoine moulus sont traités plus haut. Les exfoliants coulent dans une pâte fluide : incorporez-les donc entre la trace légère et la trace moyenne, quand la pâte peut les tenir en suspension.

Le savon exfoliant du jardinier à la pierre ponce mélange sa pierre ponce et sa semoule de maïs à une partie de l’huile d’olive et les ajoute à la trace épaisse ; le savon citron et graines de pavot et le savon de cuisine exfoliant au café montrent les exfoliants plus doux.

Les microbilles de plastique sont interdites dans les produits à rincer aux États-Unis (Microbead-Free Waters Act, 2015) et dans l’UE (règlement 2023/2055). Les perles de cire de jojoba ne sont pas du plastique, et aucune de ces deux lois ne les vise.

Garder les fournées sucrées au frais

Le sucre accélère la saponification et la chaleur qui l’accompagne, et le miel, le lait, les fruits et la bière apportent tous du sucre. Un pain isolé d’un tel savon peut surchauffer, se fendre ou monter hors du moule (Soap Queen). Chaque remède enlève de la chaleur : saponifiez plus froid, laissez de côté la serviette et la boîte, et mettez le moule au réfrigérateur si le dessus commence à bomber. Cable saponifie ses recettes au lait, au jus et à la bière à 27–38 °C (80–100 °F) et les isole peu ou pas du tout.

Phase de gel : comment un pain isolé s’échauffe de lui-même puis refroiditCourbes de température indicatives après le coulage. Un pain isolé se réchauffe sous l’effet de la chaleur de saponification, entre en phase de gel en quelques heures, s’y maintient, puis revient à la température ambiante en un jour ou deux. Un savon en petits moules ou au réfrigérateur ne se réchauffe que légèrement et ne gélifie pas.0 h6 h12 h24 h36 h48 hchaudambiantegel : le pain fonce et devient translucidedu cœur vers les bordspain isolépetits moules ou frigo : pas de gelcoulé
Un pain isolé s’échauffe de lui-même jusqu’au gel ; de petits moules ou le réfrigérateur le gardent au frais. Le sucre, le miel et le lait font monter la courbe du pain isolé plus haut et plus tôt. Les courbes sont indicatives, pas mesurées.

Le gel lui-même est sans danger, et certains savonniers le recherchent pour des couleurs plus vives (voir phase de gel). C’est l’emballement qui fend les savons et fonce le lait et le miel ; le guide des fissures et des rivières de glycérine montre à quoi cela ressemble.

Les additifs dans le calculateur

Prenez un savon de tous les jours sans palme : 40 % d’huile d’olive, 25 % d’huile de coco, 20 % de beurre de karité, 10 % d’huile de tournesol oléique et 5 % d’huile de ricin, 1000 g d’huiles à 5 % de surgraissage avec une solution de soude à 33 %. Seul, il demande 138,5 g d’hydroxyde de sodium et 281,2 g d’eau.

Ajoutez maintenant une cuillère à café par livre de lactate de sodium (2,2 cuillères à café, 14,4 g) à la soude refroidie, et une cuillère à café par livre de sucre (9,2 g) avec une demi-cuillère à café par livre de sel (6,6 g) à l’eau. La soude reste à 138,5 g, car aucun des trois n’en consomme. L’eau pure descend à 275,4 g, car le lactate de sodium apporte 5,8 g d’eau à lui seul. La fournée pèse maintenant 1444,1 g, et la vérification du sel passe : avec ce peu d’eau en moins, cette solution de soude retient environ 13,6 g de sel.

Essayez le trio de tous les jours. Lactate de sodium, sucre et sel laissent la soude à 138,5 g et font passer l’eau pure à 275,4 g.

L’ouvrir dans le calculateur

Le calculateur vous prévient aussi quand un additif dépasse la dose la plus élevée qu’utilise l’une de ses sources, l’usage le plus élevé signalé dans les produits à rincer ou une limite légale, et quand il est prévu à une étape que ses sources déconseillent, comme le miel dans la solution de soude.

Ce qu’un additif vous permet d’affirmer

Aux États-Unis, un vrai savon est fait principalement de sels alcalins d’acides gras, nettoie par eux seuls et n’est vendu que comme savon ; il relève de la Consumer Product Safety Commission, pas de la FDA. Dites qu’il hydrate ou désodorise, et il devient un cosmétique. Dites qu’il traite ou prévient une maladie, tue les germes ou aide contre l’acné ou l’eczéma, et c’est un médicament (FDA). Dans l’UE et au Royaume-Uni, le savon est de toute façon un cosmétique, et la loi interdit les étiquettes qui « imply that these products have characteristics or functions which they do not have » (règlement 1223/2009, article 20).

Ainsi, « fait avec de l’avoine colloïdale et du miel » décrit le savon, alors qu’« apaise l’eczéma » est une allégation qu’il faudrait étayer comme pour un médicament. Le guide de l’étiquetage donne les règles de chaque marché.

Recettes à essayer

Toutes les recettes

Sources

Les notes sur ces sources sont sur la page anglaise, dans les termes vérifiés sur chaque document.

  1. Soap Crafting . Anne-Marie Faiola, Storey , 2013.
  2. Pure Soapmaking . Anne-Marie Faiola, Storey , 2016.
  3. Milk Soaps . Anne-Marie Faiola, Storey , 2019.
  4. The Natural Soap Making Book for Beginners . Kelly Cable, Althea Press , 2017.
  5. The Natural Soap Chef . Heidi Corley Barto, Ulysses Press , 2012.
  6. Natural Soap Making . Elizabeth Letcavage and Melissa Harden, Stackpole Books , 2013.
  7. The Complete Photo Guide to Soap Making . David Fisher, Creative Publishing International , 2018.
  8. Scientific Soapmaking: The Chemistry of the Cold Process . Kevin M. Dunn, Clavicula Press , 2010.
  9. The Dreaded Orange Spot . Kevin M. Dunn, The Handcrafted Soapmaker , 2005.
  10. Protein in Handcrafted Soap . Kevin M. Dunn, Handcrafted Soap and Cosmetic Guild , 2014.
  11. Alcohols, Sugars and Cold Process Soap . Wholesale Supplies Plus .
  12. PURASAL S/HQ60 for bar soap . Corbion .
  13. Personal Care product folder (sodium lactate, sodium citrate, sodium gluconate) . Jungbunzlauer , 2025.
  14. VERSENE Chelating Agents . The Dow Chemical Company , 2007.
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